Un disque d’eau bleue posé au fond d’un cratère, à 1 000 mètres d’altitude. Le lac d’Issarlès ne ressemble à aucun autre plan d’eau du Massif central.
J’y retourne chaque année, parfois pour la baignade, souvent pour marcher dans les sous-bois qui bordent les rives. Les alentours réservent autant de belles surprises que le site lui-même, et beaucoup de visiteurs repartent sans les avoir vus.
Le lac d’Issarlès, un cratère rempli d’eau claire
Le lac occupe un ancien maar, un cratère né d’une explosion de vapeur au contact du magma. Il couvre 97 hectares pour environ 5 km de circonférence.
Sa profondeur annoncée varie entre 108 et 138 mètres selon les sources consultées, ce qui le classe parmi les lacs naturels les plus profonds de France. Le village du Lac-d’Issarlès domine la rive nord, à quelques minutes à pied de la plage.
Voici ce que tu peux voir et faire autour du lac d’Issarlès, avec les distances routières depuis le village.
| Site à découvrir | Distance depuis le lac | Ce qui vaut le déplacement |
|---|---|---|
| Village du Lac-d’Issarlès | Sur place | Plage de sable, base nautique, tour du lac balisé de 3,6 km |
| Vallée d’Amarok (Issanlas) | Environ 5 km | Parc animalier avec yacks, rennes et chevaux tarpans, cani-rando, chiens de traîneau |
| Coucouron | Environ 8 km | Portail roman classé de l’église Saint-Martin, marché du mercredi, plan d’eau de 14 ha |
| Mazan-l’Abbaye | Environ 18 km | Vestiges de l’abbaye cistercienne, forêt domaniale, cascade de Malachamp |
| Mont Gerbier de Jonc | Environ 20 km | Sources de la Loire, ascension de 30 minutes, panorama à 1 551 mètres |
| Grotte de Longetraye | Environ 25 km | Abri préhistorique sous coulée de lave, sentier d’interprétation gratuit |
| Mont Mézenc | Environ 35 km | Toit de l’Ardèche à 1 753 mètres, boucle de 2 h aller-retour |
| Le Puy-en-Velay | Environ 50 km | Cathédrale, rocher Saint-Michel d’Aiguilhe, ruelles médiévales |
L’eau du lac d’Issarlès sert aussi à EDF. Des galeries souterraines la relient aux retenues de la Loire et alimentent la centrale hydroélectrique de Montpezat-sous-Bauzon. Le niveau baisse donc parfois de plusieurs mètres hors saison, ce qui étonne les habitués du mois d’août.
Que voir autour du lac d’Issarlès ?
Le mont Gerbier de Jonc, là où naît la Loire
À une vingtaine de km du lac d’Issarlès, ce dôme de phonolite se repère de très loin. Le mont Gerbier de Jonc culmine à 1 551 mètres et reste le deuxième site le plus visité d’Ardèche après les gorges.
Trois sources se disputent le titre de véritable départ du fleuve. La source authentique porte un monument installé par le Touring Club de France en 1938, la source géographique se cache dans une ancienne grange, la source véritable se rejoint par un petit sentier depuis la D378.
L’ascension prend une demi-heure depuis la maison de site. Le chemin balisé grimpe sec entre 1 417 et 1 551 mètres, sur des blocs qui glissent par temps humide. Prévois de bonnes chaussures et laisse tomber les sandales de plage.
Là-haut, la vue porte jusqu’aux Alpes par ciel dégagé. Le parking au pied du mont Gerbier est gratuit et l’ascension ne coûte rien non plus. Un conseil : viens tôt le matin en juillet, la fréquentation grimpe vite après 11 h.
Le mont Mézenc, le toit de l’Ardèche
Le Mézenc marque la frontière entre l’Ardèche et la Haute-Loire, avec ses 1 753 mètres au sommet sud. Il domine tout le secteur du Gerbier et offre un panorama à 360 degrés sur les sucs volcaniques.
Le départ classique se fait au col de la Croix de Boutières. Compte deux heures aller-retour sur un itinéraire large et bien tracé, accessible aux marcheurs réguliers. La montagne se mérite un peu, le vent y souffle fort même en plein été.
Les fermes des environs élèvent les bœufs du Fin Gras du Mézenc, une viande AOP nourrie au foin de ces prairies d’altitude. Les tables de Sainte-Eulalie et des Estables la servent de février à juin.
La vallée d’Amarok, chiens de traîneau et parc animalier
Ce site occupe un vallon d’Issanlas, à cinq minutes de voiture du lac d’Issarlès. Yacks, rennes et chevaux tarpans y vivent en semi-liberté sur un parcours de visite d’environ 1h30.
Les vraies stars restent les chiens nordiques. Cani-rando l’été, attelage sur neige l’hiver, l’équipe adapte ses formules aux enfants dès 8 ans. La visite du parc se réserve à l’avance, comptez 7,50 € pour un adulte et 5 € pour un enfant de 4 à 13 ans.
Mazan-l’Abbaye, une forêt et des ruines cisterciennes
Cent vingt habitants, une immense forêt domaniale de résineux, de hêtres et d’érables. Le village a gardé les vestiges de la première abbaye cistercienne du Vivarais, classée monument historique depuis 1946.
Les chemins forestiers mènent aux narces du Mas de Jean, des zones humides riches en sphaigne, et à la cascade de Malachamp. Les points de vue de la Chaumienne et du serre de la Pierre Plantée ouvrent sur toute la montagne ardéchoise.
J’aime beaucoup y aller en fin de journée. La lumière rasante traverse les troncs et les rapaces tournent au-dessus des clairières.
La grotte de Longetraye, 12 000 ans d’occupation
Direction Freycenet-la-Cuche, côté Haute-Loire, à 1 235 mètres d’altitude. D’anciennes coulées de lave ont formé des abris où des chasseurs préhistoriques se sont installés il y a plus de 12 000 ans.
Les silex taillés retrouvés sur place datent l’occupation entre 8 000 et 6 000 av. J.-C. Trois pupitres jalonnent le sentier d’interprétation, en accès libre toute l’année. Une curiosité géologique méconnue qui plaît beaucoup aux enfants.
L’église Saint-Martin de Coucouron
Reconstruite au XIXe siècle, elle a conservé son portail roman du XIIe, classé depuis 1907. Le tuf volcanique rougeâtre s’orne de trois voussures profondes peuplées de sirènes, de serpents et de monstres dévoreurs.
Un chapiteau représente une femme mordue aux seins par des serpents, symbole classique du châtiment de la luxure. Face à l’édifice, la Chapelette du XIe siècle mérite un coup d’œil avant de filer au marché du mercredi matin.
Que faire au lac d’Issarlès et dans les environs ?
Baignade, pédalo et activités nautiques
La baignade reste surveillée en juillet et en août, sur une plage de sable qui épouse la rive. L’eau garde une pureté remarquable, alimentée par des sources souterraines, mais elle réveille toujours un peu au premier plongeon.
La base nautique loue le matériel nécessaire pendant les deux mois d’été. Le pédalo permet de rejoindre le centre du lac d’Issarlès et de mesurer la hauteur des parois du cratère.
- Barques et canoës pour explorer les rives ombragées
- Stand-up paddle, idéal les matins sans vent
- Pédalos, la valeur sûre avec des enfants
- Planche à voile quand la brise se lève l’après-midi
Les gilets de sauvetage sont fournis. Les familles trouvent là de quoi occuper une journée entière, avec les aires de pique-nique installées à l’ombre des arbres.
Randonnées : le tour du lac et les sentiers alentour
La randonnée autour du lac reste la plus évidente. Le sentier piétonnier fait 3,6 km, il est balisé, plat et ombragé presque partout. Une heure à une heure trente de marche selon ton rythme.
En juillet, tu ramasses des fraises des bois et des framboises le long du chemin. Les airelles arrivent plus tard, vers la fin de l’été.
Pour une vue d’ensemble, monte au belvédère du col du Gage, à 1,5 km au sud-est du village. Les autres sentiers de randonnée partent du bourg et grimpent vers les coulées basaltiques de la vallée de la Veyradeyre.
L’office de tourisme Montagne d’Ardèche vend des topo-guides détaillés à son bureau de Coucouron. Les guides papier restent plus fiables que le réseau mobile, très capricieux dans ces reliefs.
La pêche, un paradis pour les lanceurs de mouche
Le lac est classé plan d’eau de première catégorie par la Fédération de pêche d’Ardèche. Les déversements de truites arc-en-ciel sont réguliers, et la saison court en général de mi-mars à mi-octobre.
Tu peux aussi croiser des truites fario, des ombles chevaliers, des cristivomers, des corégones, des saumons de fontaine et des perches communes. La pêche se pratique depuis les berges ou en bateau à moteur électrique, hameçon simple sans ardillon obligatoire.
La carte de pêche Ardèche s’achète en ligne sur cartedepeche.fr ou directement à Coucouron. Prends-la avant d’arriver, les commerces du secteur ferment tôt.
VTT et vélo sur le plateau ardéchois
La montagne ardéchoise aligne plus de 850 km de sentiers balisés pour le VTT. Les pistes forestières autour de Mazan-l’Abbaye et de Saint-Cirgues-en-Montagne alternent faux plats roulants et raidillons courts.
Les cyclistes sur route connaissent bien le secteur. L’Ardéchoise passe au pied du Gerbier de Jonc sur son parcours de La Volcanique, une des cyclosportives les plus courues de France.
Sur la piste des volcans d’Ardèche
Le plateau raconte huit millions d’années d’activité volcanique. Les sucs phonolitiques, ces dômes de lave visqueuse figée, dessinent une couronne de sommets autour de la Loire naissante.
Le parcours artistique du Partage des Eaux matérialise la ligne qui sépare le versant atlantique du versant méditerranéen. Des œuvres contemporaines jalonnent le trajet et donnent une lecture inattendue de ces paysages volcaniques si particuliers.
Quand partir au lac d’Issarlès ?
Le printemps, quand la montagne se réveille
Les genêts jaunissent les pentes en mai et juin. Les sentiers sont vides, les hébergements peu chers, la lumière superbe pour la photo.
L’eau reste froide et la base nautique n’a pas encore ouvert. Cette période convient surtout aux marcheurs et aux pêcheurs.
L’été, la saison de la plage et des activités
Juillet et août concentrent tout : baignade surveillée, location de matériel, animations au village. Les températures restent supportables grâce à l’altitude, un vrai luxe quand la basse Ardèche étouffe.
Le stationnement se complique en milieu de journée. Arrive avant 10 h ou après 16 h pour trouver une place correcte près de la plage.
L’automne, mon moment préféré
Les hêtres et les mélèzes virent au roux dès la mi-octobre. Le lac reflète ces couleurs et la fréquentation retombe d’un coup.
Les champignons sortent après les premières pluies. Les brumes matinales sur l’eau créent des ambiances que l’été ne donne jamais.
L’hiver, silence et neige
La neige tient plusieurs semaines à cette altitude. Les chiens de traîneau de la vallée d’Amarok tournent à plein régime et les domaines nordiques de la Chavade ou de la Croix de Bauzon ouvrent leurs pistes.
Les routes du plateau demandent des pneus adaptés. Beaucoup de restaurants ferment, alors vérifie les ouvertures avant de partir.
Préparer ton séjour au lac d’Issarlès
Le lac se situe à environ 50 km du Puy-en-Velay et à une heure d’Aubenas. Aucune gare ne dessert le secteur, la voiture s’impose vraiment.
Côté hébergement, le village et les communes voisines proposent campings, gîtes ruraux, chambres d’hôtes et deux hôtels-restaurants. Réserve dès le printemps pour un séjour en août, l’offre reste limitée.
Emporte une petite laine, même en plein mois de juillet. Les soirées à 1 000 mètres descendent facilement sous les 12 degrés.
Pense aussi aux produits locaux : le fromage de Coucouron, le Goudoulet au lait cru, la maouche et la caillette. Le marché du mercredi matin à Coucouron reste le meilleur endroit pour les goûter et les rapporter.
Les incontournables de l’Ardèche à proximité
Le Puy-en-Velay se visite en une journée depuis le lac. Sa cathédrale inscrite au patrimoine mondial et le rocher Saint-Michel d’Aiguilhe, perché sur une cheminée volcanique, justifient à eux seuls le trajet en Auvergne voisine.
Plus près, le château d’Arlempdes surplombe les gorges de la Loire depuis un promontoire basaltique. La chartreuse de Bonnefoy, au Béage, aligne ses ruines du XIIe siècle à 1 300 mètres d’altitude.
Vers le sud, la route des Boutières descend vers Aubenas et les villages de caractère du Parc naturel régional des Monts d’Ardèche. Balazuc et Vogüé changent complètement de décor, avec leurs pierres calcaires et leurs oliviers.
Et si tu disposes de deux jours, pousse jusqu’à la grotte Chauvet 2 à Vallon-Pont-d’Arc. La réplique restitue les peintures vieilles de 36 000 ans avec une précision qui laisse sans voix.


