Tu lèves les yeux vers ce monument de Paris et tu te demandes ce qu’il fait là, au cœur de la capitale française. Je te comprends, car son histoire est fascinante et méconnue. Ce géant de pierre venu d’Égypte trône au centre de la place de la Concorde depuis presque deux siècles. Dans cet article, je te fais découvrir son origine, ses caractéristiques et les secrets qu’il garde au sommet. Bonne lecture.
Pourquoi un obélisque égyptien au centre de la capitale ?
L’obélisque de la Concorde est un monolithe de granit rose taillé au XIIIe siècle avant notre ère. Il provient du temple d’Amon, à Louxor en Égypte.
Ce vieux monument de Paris est même antérieur à la fondation de la ville. Tu observes donc le plus ancien monument parisien, dressé en plein centre depuis 1836. Le voici résumé en quelques chiffres.
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Origine | Temple d’Amon, Louxor (Égypte) |
| Âge | Environ 3 300 ans (XIIIe siècle av. J.-C.) |
| Hauteur | 23 mètres (33,37 m avec le piédestal) |
| Poids | 222 tonnes (240 tonnes pour le socle) |
| Matériau | Granit rose d’Assouan |
| Date d’érection | 25 octobre 1836 |
| Donateur | Méhémet Ali, vice-roi d’Égypte |
L’Obélisque de Louxor : un cadeau de l’Égypte
L’obélisque de Louxor arrive en France comme un véritable cadeau diplomatique. En 1829, Méhémet Ali, vice-roi d’Égypte, l’offre à Charles X, alors roi.
Ce geste salue le travail de Jean-François Champollion, le savant français décrypteur des hiéroglyphes. C’est d’ailleurs lui qui choisit ce monument précis. Le monolithe quitte Louxor en Égypte, descend le Nil, traverse la Méditerranée puis remonte la Seine. Il arrive à Paris en 1833, après un long voyage semé d’embûches. Un présent rare, offert à la France en signe de bonne amitié entre les deux pays.
Description et caractéristiques de l’obélisque
Quand tu t’approches, tu remarques d’abord sa taille. Ce colosse de granit s’élève à 23 mètres et pèse 222 tonnes.
Ses quatre faces sont couvertes de hiéroglyphes finement gravés. Parmi eux, le cartouche de Ramsès II, où le roi fait une offrande au dieu Amon-Rê. Le sommet est coiffé d’un pyramidion de 3,60 mètres, recouvert de feuilles d’or pour rappeler l’éclat du soleil. Le piédestal en granit breton raconte, lui, le transport et l’érection du monolithe. Une grille de 323 piques de métal doré entoure l’ensemble du monument.
L’histoire de la place de la Concorde
La place a connu plusieurs vies avant d’accueillir l’obélisque. Conçue par Ange-Jacques Gabriel vers 1755, elle porte d’abord le nom de place royale, en hommage à Louis XV.
Pendant la Révolution française, elle devient un lieu sombre. La guillotine y prend de nombreuses vies, dont celles de Louis XVI et de sa famille. Louis-Philippe choisit ensuite ce vieux monument neutre pour effacer toute connotation politique. Installer l’obélisque ici, sans lien avec l’histoire nationale, calme les querelles de mémoire. La place prend alors son nom actuel, symbole de réconciliation entre les Français.
Les statues et fontaines de la place de la Concorde
L’obélisque ne règne pas seul sur la place. De part et d’autre, deux fontaines monumentales l’encadrent, inaugurées en 1840.
L’architecte Jacques-Ignace Hittorff signe ces deux joyaux de fonte : la Fontaine des Mers, côté Seine, et la Fontaine des Fleuves, côté rue Royale. Huit statues complètent le décor. Elles représentent les grandes villes françaises : Brest, Rouen, Bordeaux, Nantes, Lyon, Marseille, Lille et Strasbourg. Chaque allégorie est placée selon sa position géographique réelle, dessinant ainsi une carte de France grandeur nature autour du centre de la place.
Les secrets et mystères de l’obélisque
Ce vieux monument cache plus qu’il n’en montre. L’architecte Étienne Poncelet évoque un élément secret placé sous le pyramidion, lui donnant une symbolique particulière.
Plus surprenant encore, en 2025, l’égyptologue Jean-Guillaume Olette-Pelletier révèle la présence de cryptographies cachées dans les hiéroglyphes du sommet. Ces textes secrets servaient la propagande de Ramsès II pour affirmer sa légitimité divine. L’obélisque garde aussi une fonction étonnante. Il fait office de cadran solaire géant, son ombre indiquant l’heure sur le sol. Un médaillon marque même la position de l’astre au solstice d’été.
L’obélisque dans la culture et l’art
Au fil du temps, ce monument est devenu une icône de Paris. Tu le retrouves dans la peinture, comme l’œuvre de François Dubois figée au musée Carnavalet.
Il s’invite aussi au cinéma. Dans Le Diable s’habille en Prada, les personnages tournent autour de lui la nuit, dans une voiture de luxe. Ce décor est devenu un symbole du chic parisien. L’obélisque tient même un rôle de premier plan lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques de 2024. De témoin de l’Égypte pharaonique à star des écrans, il appartient aujourd’hui pleinement au patrimoine et à la culture.
Les restaurations récentes et futures
Le monument a bénéficié d’une restauration d’envergure en 2022. Ces travaux célèbrent le bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes par Champollion.
Les équipes redonnent alors tout son éclat au granit rosé et aux dorures. Mais l’opération marquante a lieu le 20 juin 2023. Une pointe en acier dorée coiffe enfin le sommet, réalisée par les Ateliers d’art Saint-Jacques et la Fonderie de Coubertin sous l’égide du ministère de la Culture. Resté inachevé depuis le pyramidion de 1998, ce sommet retrouve sa silhouette d’origine. Le plus vieux monument parisien brille de nouveau comme un rayon de soleil.